Paroles de soignants et de bénévoles

Sophie Hébert, infirmière.
« Nous sommes dans une dimension globale, il n'y a pas que le médical... Nous sommes sensibles à tout ce qui peut ouvrir la personne à la vie, l'aider à vivre le mieux et le plus longtemps possible. Je trouve cela assez extraordinaire dans un hôpital de permettre aux bébés, aux enfants de venir. Il n'y a pas d'heures de visite. Les familles peuvent dormir auprès des patients, la nuit. Si certains patients veulent revoir leur chien ou leur chat, c'est possible. Nous essayons surtout d'être à l'écoute et de ne pas être dans un cadre trop rigoureux. »

Gilbert Duflot, aide-soignant.
« Ici, c'est sûr, il y a une application : on essaye de prendre le temps. Même si nous savons que les autres attendent, nous essayons d'être attentionnés à chaque personne, de ne pas faire sentir que les autres sont là aussi.
Quand il y a les transmissions, même les agents, s'ils sont disponibles, peuvent participer. C'est vraiment un travail d'équipe. En tant qu'aide-soignant, nous signalons les choses qui nous paraissent importantes et le médecin entend. Ici, nous sommes très valorisés. Même les agents. Quand ils font les chambres, ils peuvent avoir un contact particulier avec le patient, c'est important qu'ils le retransmettent. Je crois que c'est ce qui fait la qualité du travail et c'est ce qui permet de tenir en soins palliatifs.
Je ne suis jamais venu à reculons. »

Marie-Jeanne Mutumbo, agent hospitalier.
« Si je fais ce commentaire, les gens vont croire que c'est parce que je travaille ici... Mais je n'ai trouvé nulle part ailleurs ce qu'il y a ici à Cognacq-Jay. Parce que les gens qui travaillent ici, ce sont des gens qui ont du cœur. Avec tout ce que l'on voit ici, avec tout ce que l'on partage ensemble ici, c'est énorme...Quand vous voyez quelqu'un qui est plus jeune que vous qui vient là pour finir sa vie, ce n'est pas évident. »

Farid Chakri, kinésithérapeute.
« La prise en charge de la douleur, sur le plan de la kinésithérapie passe par toutes les techniques : le massage, la relaxation, le toucher, et la parole. Nous expliquons également que nous ne sommes pas dans une kinésithérapie classique. Nous sommes dans l'accompagnement.
Nous travaillons beaucoup et nous laissons le patient advenir à sa vérité, à ses émotions, ses sentiments. Nous tenons compte de l'état de fatigue du patient et nous nous adaptons à sa situation clinique au jour le jour.
Notre travail est pluridisciplinaire. Il y a un groupe de travail hebdomadaire avec une psychanalyste. Il s'agit d'exprimer ses difficultés, ses ressentis par rapport à des situations et d'échanger entre soignants nos différents points de vue. »

Patricia Le Chêne, secrétaire médicale.
« Mon rôle au sein du service de soins palliatifs est un rôle de coordination, d'information et d'accueil, dépassant bien souvent le cadre habituel des activités d'une secrétaire médicale.
Les échanges avec les services adresseurs (médecins de ville, services hospitaliers, réseaux, assistantes sociales...) ou avec l'entourage familial et amical permettent de recueillir des précisions d'ordre médical, paramédical et psychosocial sur le patient et ainsi de personnaliser chaque situation.
Accueillir et écouter s'envisagent ici comme un temps à part entière, une première étape dans le lien qui se met en place : c'est déjà prendre soin. »

Françoise Suissa, bénévole.
« Je viens dans le service des soins palliatifs quatre heures chaque semaine. Je ne soigne pas, je ne fais pas le ménage, je suis là, c'est tout... une partie du monde extérieur qui entre à l'hôpital, une présence. Je suis là pour écouter, si une personne a envie de parler, ou ne rien écouter, si elle ne peut pas parler, qu'elle est simplement fatiguée. Je suis là, à côté. Je lui tiens la main. Je prends la personne comme elle est. Cela soulage beaucoup de dire son angoisse, sa peine, sa peur, aussi bien pour la personne qui est dans son lit d'hôpital que pour la famille. »

Robert Franck, bénévole.
« Les bénévoles sont là, d'une certaine manière, pour témoigner de la vie et aider le patient en soins palliatifs à rester le plus vivant possible jusqu'au plus près de la mort. C'est le regard de la société sur la maladie et la mort. »

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